Propositions pour une réforme de l’Assurance maladie

Posted by kineblog on August 25, 2011

… L’impression de gratuitĂ© presque totale des soins, sous le double effet de leur prise en charge par la solidaritĂ© nationale et du tiers payant, n’incite pas Ă  des comportements responsables. Seul un ticket modĂ©rateur d’ordre public y parviendrait, c’est-Ă -dire qui ne soit pris en charge ni par les mutuelles, ni par les assurances. Pour avoir une efficacitĂ© rĂ©elle, il convient de le gĂ©nĂ©raliser. La responsabilitĂ© s’impose Ă  tous. Mais, pour ne pas entraver l’accès aux soins pour les plus dĂ©munis, ce qui ne serait pas tolĂ©rable dans une sociĂ©tĂ© comme la nĂ´tre, il devrait ĂŞtre modulĂ©… AcadĂ©mie Nationale de MĂ©decine, 2011

Résumé :

Ces propositions découlent de l’état des lieux, présenté à l’Académie nationale de médecine en juin 2010. Leur objectif est d’améliorer l’efficience de l’assurance maladie en France tout en maintenant ses grands principes de solidarité, d’humanisme, de liberté et de responsabilité.

Pour la prise en charge des affections de longue durée (près de 9 millions de personnes et de 60% des dépenses de remboursement):
1) Des définitions plus précises doivent être données.
2) Les durées d’admission doivent être mieux adaptées aux données actuelles de la médecine.
3) Il convient que les protocoles médicaux de surveillance et de traitement soient plus précis.

Dans les Ă©tablissements hospitaliers il faut :
1) Diminuer les effectifs de personnel administratif et redéployer dans les services de soins le personnel soignant, affecté actuellement sur des postes administratifs.
2) Recentrer l’activité des médecins sur les soins en les soulageant des tâches administratives qui les accablent.
3) Contrôler le bien-fondé des prescriptions médicales et la pertinence des actes.

Le service médical des caisses :
1) Mériterait d’être réorganisé dans un service unique pour tous les régimes, indépendant des services administratifs.
2) Son statut (recrutement, formation, promotions) doit être modifié.
3) Le recrutement d’hospitalo-universitaires consultants et de praticiens hospitaliers retraités volontaires permettrait de mieux assumer une fonction de conseil en matière d’hospitalisation.
4) Par ailleurs, une augmentation des effectifs du service médical est indispensable.

En matière de médicaments, les mesures doivent prendre en compte, à côté de l’aspect purement médical, la recherche, l’économie et l’industrie :
1) Les médicaments dont l’utilité n’est plus justifiée aujourd’hui ne doivent pas être remboursés.
2) En revanche, le déremboursement total des médicaments à faible service médical rendu risque d’aboutir à une substitution par de nouveaux médicaments plus coûteux. 3) Les conséquences médicales des décisions concernant le prix de remboursement des médicaments devraient être mieux prises en compte.
4) Par-dessus tout, il est indispensable, de parvenir à un bon usage des médicaments ; pour les médecins par la formation initiale en pharmacologie et en thérapeutique, puis par la formation continue ; pour le public par une éducation à la santé correcte et objective.

D’autres propositions générales sont :
1) D’inciter à des comportements responsables par le retour à un ticket modérateur d’ordre public qui devrait être modulé.
2) Un contrôle des moyens humains et matériels affectés à l’offre de soins beaucoup plus rigoureux.
3) En santé publique, un renforcement de la lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme et, plus généralement, contre toutes les drogues ainsi que contre l’obésité.

> lire Propositions pour une rĂ©forme de l’Assurance maladie, très court mais intĂ©ressant rapport de l’AcadĂ©mie Nationale de MĂ©decine, 17 mai 2011

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