Le poids Ă©conomique de l’ostĂ©opathie en France en 2010

Posted by kineblog on June 08, 2011

ostéopathie

“L’engouement pour cette profession a certainement atteint son paroxysme. Comme toute bulle financiĂšre, elle peut au mieux se dĂ©gonfler ; au pire exploser !”

L’ostĂ©opathie connaĂźt un essor grandissant depuis sa lĂ©galisation en 2002. La rĂ©glementation a autorisĂ© cinq catĂ©gories de professionnels Ă  user du titre d’ostĂ©opathe : ostĂ©opathe Ă  titre exclusif, mĂ©decin-ostĂ©opathe, sage‐femme‐ostĂ©opathe, infirmier‐ostĂ©opathe,
masseur-kinĂ©sithĂ©rapeute‐ostĂ©opathe. Au 1er janvier 2011, la dĂ©mographie s’élĂšve Ă  14351 professionnels, soit environ 1 ostĂ©opathe pour 4500 habitants. En fĂ©vrier 2011, il existe 59 organismes de formation Ă  l’ostĂ©opathie accueillant plus de 11 000 personnes, soit prĂšs de 80% du nombre d’ostĂ©opathes en exercice.
En 2010, les activitĂ©s de la formation initiale Ă  l’ostĂ©opathie, celle des ostĂ©opathes en exercice et celle de la formation professionnelle continue sont estimĂ©es Ă  513 millions d’euro. Les recettes fiscales et sociales pour l’Etat sont estimĂ©es Ă  114 millions d’euro.
L’engouement pour cette profession a certainement atteint son paroxysme. Comme toute bulle financiĂšre, elle peut au mieux se dĂ©gonfler ; au pire exploser. Ce secteur d’activitĂ©, pour trouver un Ă©quilibre, alors que son nombre de professionnels va augmenter de 80% d’ici 5 ans (durĂ©e moyenne des Ă©tudes) devra augmenter sa pĂ©nĂ©tration du marchĂ© en apportant des preuves d’excellence ou voir ses revenus diminuer.
De son cĂŽtĂ©, l’Etat devra jouer son rĂŽle pour accompagner l’amĂ©lioration des standards de formation et garantir la sĂ©curitĂ© des soins.

> tĂ©lĂ©charger l’Ă©tude du Poids economique de l’osteopathie en France en 2010, Pascal JAVERLIAT – ostĂ©opathe – ancien prĂ©sident du registre des ostĂ©opathes de France (2002‐2009), 38 pages au format pdf

On lira aussi avec intĂ©rĂȘt l’article de La Tribune du 14/04/2011 :
Les ostéopathes réclament une plus grande réglementation de leur formation

MalgrĂ© l’encadrement des pratiques de la profession, les Ă©coles d’ostĂ©opathie obtiennent facilement l’agrĂ©ment. Elles sont aujourd’hui trop nombreuses et surtout de qualitĂ© trĂšs inĂ©gale. Les jeunes diplĂŽmĂ©s, dont le nombre a doublĂ© en quatre ans, ont de plus en plus de mal Ă  s’installer.

Il y a un mois, les Ă©tudiants ostĂ©opathes manifestaient dans toute la France pour protester contre
 leur trop grand nombre. Etonnant ? La profession se retrouve aujourd’hui confrontĂ©e Ă  un paradoxe. Longtemps hors la loi, elle pouvait s’attendre Ă  une meilleure reconnaissance et un meilleur encadrement aprĂšs la loi de mars 2002 relative aux droits des malades et Ă  la qualitĂ© du systĂšme de santĂ© qui autorise la pratique de l’ostĂ©opathie sous certaines conditions. Or c’est presque le contraire qui est en train de se produire, avec un trop grand nombre d’écoles de qualitĂ© inĂ©gales et, consĂ©quence, l’arrivĂ© sur le marchĂ© du travail de trop jeunes diplĂŽmĂ©s parfois mal formĂ©s.

De bac + 3 Ă  bac + 6

Comment en est-on arrivĂ© lĂ  ? Tout d’abord, les textes d’application de la loi de 2002 qui rĂ©glementent les conditions d’exercice et de formation n’ont Ă©tĂ© publiĂ©s qu’en
 2007. L’objectif Ă©tait qu’une commission composĂ©e de divers personnalitĂ©s qualifiĂ©es (kinĂ©sithĂ©rapeutes, ostĂ©opathes, rĂ©gion, prĂ©fet
) agrĂ©e toutes les Ă©coles alors en activitĂ©. Une premiĂšre sĂ©rie de quatorze Ă©coles ont ainsi Ă©tĂ© agrĂ©Ă©es en 2007. Mais la machine s’est ensuite emballĂ©e. Par manque de “prĂ©cisions” peut-ĂȘtre, les services du ministĂšre de la SantĂ© ont fait ensuite peu de cas des avis formulĂ©s par cette commission, mĂȘme nĂ©gatifs, explique Philippe Sterlingot, prĂ©sident du syndicat français des ostĂ©opathes (SFDO). Et quand des rejets ont Ă©tĂ© notifiĂ©s, ils ont Ă©tĂ© Ă  quasiment Ă  chaque fois, par manque de prĂ©cisions, contestĂ©s avec succĂšs par les Ă©coles qui ont ainsi crĂ©Ă© une jurisprudence.

Une enquĂȘte de l’inspection gĂ©nĂ©rale des affaires sociales (IGAS) aurait rendu au ministĂšre de la santĂ© un rapport critique sur le sujet en 2010 mais il n’a jamais Ă©tĂ© rendu public. RĂ©sultat ? “Nous comptons aujourd’hui 49 Ă©coles - bientĂŽt 53 – de qualitĂ© trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšne, qui vont de l’excellence Ă  la mĂ©diocritĂ©. Certaines valident leur formation Ă  bac + 3, d’autres Ă  bac + 6, sachant que l’OMS recommande au minimum Bac + 5. Certains diplĂŽmĂ©s sont dĂ©pourvus de formation pratique”, dĂ©plore Philippe Sterlingot.

Du coup, les diplĂŽmĂ©s arrivant sur le marchĂ© sont de plus en plus nombreux. On compte aujourd’hui 14.500 ostĂ©opathes dont la moitiĂ© sont “exclusifs” (environ 40% Ă©tant aussi kinĂ©sithĂ©rapeutes et 10% mĂ©decins). En 2007, ils Ă©taient Ă  peine 8.000. Sachant que les Ă©coles en diplĂŽment chaque annĂ©e 2.500, le “stock” va continuer Ă  grossir, puisque cette profession est jeune et que les dĂ©parts Ă  la retraite sont encore rares. A ce rythme, les 20.000 pourraient ĂȘtre atteints en 2020, craint le SFDO, Ă  moins que la baisse des demandes d’inscription dans les Ă©coles observĂ©e cette annĂ©e se poursuive. Les jeunes diplĂŽmĂ©s ont donc de plus en plus de mal Ă  exercer. “C’est un vrai problĂšme Ă©conomique ! Les zones oĂč les jeunes peuvent s’installer sont rares et certains ne facturent pas plus d’une quarantaine d’actes par mois, cinq ans aprĂšs leur installation. Cent trente professionnels ont stoppĂ© leur activitĂ© sur les six derniers mois”, constate Philippe Sterlingot. Selon l’Union fĂ©dĂ©rale des ostĂ©opathes de France (UFOF), entre 2008 et 2009, les ostĂ©opathes auraient subi en moyenne une baisse de leurs bĂ©nĂ©fices de 12%. Un comble quand on sait que les formations coĂ»tent en moyenne 7.000 euros par an.

Conventions universitaires

Pour Ă©viter une dĂ©valorisation accrue du mĂ©tier, les syndicats professionnels montent donc actuellement au front pour alerter les futurs Ă©tudiants et Ɠuvrer pour un meilleur encadrement. “L’idĂ©al serait que ne subsistent que 5 Ă  10 Ă©coles au plus. A titre d’exemple, le Royaume-Uni n’en compte que 8. Actuellement en France, seule une dizaine ont obtenu en janvier une certification professionnelle (RNCP), ont signĂ© des conventions Erasmus, proposent suffisamment de stages pratiques et disposent d’équipes pĂ©dagogiques d’expĂ©rience”, indique Philippe Sterlingot.

Dans ces conditions, la profession muscle sa communication et son lobbying afin que le mĂ©nage soit fait dans les formations et que ces derniĂšres soient revalorisĂ©es. Elle espĂšre surtout que paraisse bientĂŽt le texte en prĂ©paration qui doit, dans le cadre de la loi HPST (HĂŽpital, patients, santĂ© et territoires) de 2009, porter de 2.660 heures (3 annĂ©es d’études) Ă  3.520 heures le nombre minimal d’heures de formation (4 ans). A plus long terme, la profession espĂšre que se mette en place une formation de niveau master (bac + 5), notamment via des conventions universitaires, ce qui permettrait aux Ă©tudiants d’effectuer des stages en milieu hospitalier voire de poursuivre en doctorat. En attendant, le SFDO s’est lancĂ© dans une campagne de recours contre une trentaine d’agrĂ©ments accordĂ©s un peu trop facilement.

Clarisse Jay - 14/04/2011

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