il n’existe pas de valorisation comptable d’une augmentation du bien-ĂŞtre…
« Dépenser moins » ou dépenser mieux ?
Un vocabulaire qui n’est pas innocent - « Dépenses de santé », « déficit de la sécu » et « dette léguée à nos enfants » sont maintenant des notions communément admises. Leur réalité économique est-elle si indiscutable ?
- Parler exclusivement des « dépenses de santé », comme si le secteur en cause était économiquement hémiplégique, c’est oublier qu’il génère des emplois, des investissements, la production de biens et services… donc qu’il représente une composante fondamentale de la croissance en occupant près de 10 % de la population active et en présentant, de plus, l’avantage de ne pas être délocalisable.
- Le « déficit de la sécu » n’est pas un déficit au sens comptable du terme : il s’agit en réalité d’un besoin de financement concernant des dépenses d’investissement en capital humain. La différence est d’importance car, autant il serait économiquement malsain de s’endetter pour couvrir de réels déficits, autant l’endettement est économiquement acceptable lorsqu’il s’agit de financer des investissements rentables. Rappelons à ce sujet que, comme le rapport Stiglitz l’a confirmé, les effets de l’investissement public ne doivent plus être mesurés à l’aune exclusive des variations du PIB qui en résultent, mais aussi à celle du bien-être qui en découle. Or, si la comptabilité sait mesurer le coût des soins, elle est inapte à estimer ce que produit ce secteur : il n’existe pas, en effet, de valorisation comptable d’une diminution de la douleur ou d’une augmentation du bien-être. Cette lacune comptable est malheureusement amplifiée par la T2A qui ne prend pas en compte l’accompagnement des patients.
- Envisager l’endettement conduit Ă ĂŞtre traitĂ© d’égoĂŻste vivant au-dessus de ses moyens et pratiquant un « transfert de dette Ă la charge de ses enfants ». En fait, les crĂ©anciers du système social sont les Ă©pargnants d’aujourd’hui, Ă savoir les foyers les plus riches. Les impĂ´ts et cotisations sociales de demain rĂ©munèreront ceux qui peuvent Ă©pargner aujourd’hui, eux-mĂŞmes Ă©tant d’autant moins touchĂ©s par les prĂ©lèvements futurs qu’ils seront protĂ©gĂ©s par le bouclier fiscal. Loin d’être en prĂ©sence d’un transfert inter-gĂ©nĂ©rationnel de charges, on assiste en rĂ©alitĂ© Ă un transfert social de richesse, des plus pauvres vers les plus aisĂ©s…
>lire la suite du très édifiant éditorial de Jacques GROLIER sur le site finances-hospitalières
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