il n’existe pas de valorisation comptable d’une augmentation du bien-ĂŞtre…

Posted by kineblog on March 23, 2010

Fond de tiroirs

« Dépenser moins » ou dépenser mieux ?
Un vocabulaire qui n’est pas innocent - « Dépenses de santé », « déficit de la sécu » et « dette léguée à nos enfants » sont maintenant des notions communément admises. Leur réalité économique est-elle si indiscutable ?

- Parler exclusivement des « dépenses de santé », comme si le secteur en cause était économiquement hémiplégique, c’est oublier qu’il génère des emplois, des investissements, la production de biens et services… donc qu’il représente une composante fondamentale de la croissance en occupant près de 10 % de la population active et en présentant, de plus, l’avantage de ne pas être délocalisable.
- Le « déficit de la sécu » n’est pas un déficit au sens comptable du terme : il s’agit en réalité d’un besoin de financement concernant des dépenses d’investissement en capital humain. La différence est d’importance car, autant il serait économiquement malsain de s’endetter pour couvrir de réels déficits, autant l’endettement est économiquement acceptable lorsqu’il s’agit de financer des investissements rentables. Rappelons à ce sujet que, comme le rapport Stiglitz l’a confirmé, les effets de l’investissement public ne doivent plus être mesurés à l’aune exclusive des variations du PIB qui en résultent, mais aussi à celle du bien-être qui en découle. Or, si la comptabilité sait mesurer le coût des soins, elle est inapte à estimer ce que produit ce secteur : il n’existe pas, en effet, de valorisation comptable d’une diminution de la douleur ou d’une augmentation du bien-être. Cette lacune comptable est malheureusement amplifiée par la T2A qui ne prend pas en compte l’accompagnement des patients.
- Envisager l’endettement conduit à être traité d’égoïste vivant au-dessus de ses moyens et pratiquant un « transfert de dette à la charge de ses enfants ». En fait, les créanciers du système social sont les épargnants d’aujourd’hui, à savoir les foyers les plus riches. Les impôts et cotisations sociales de demain rémunèreront ceux qui peuvent épargner aujourd’hui, eux-mêmes étant d’autant moins touchés par les prélèvements futurs qu’ils seront protégés par le bouclier fiscal. Loin d’être en présence d’un transfert inter-générationnel de charges, on assiste en réalité à un transfert social de richesse, des plus pauvres vers les plus aisés

>lire la suite du très édifiant éditorial de Jacques GROLIER sur le site finances-hospitalières

Trackbacks

Use this link to trackback from your own site.

Comments

You must be logged in to leave a response.