Les forçats

Posted by kineblog on April 03, 2009

Fond de tiroirs

RelevĂ© ce très bon texte (sur le forum de la souffrance des soignants), aisĂ©ment transposable Ă  nous autres kinĂ©, sauf peut-ĂŞtre sur le premier point que je remplacerai volontier par un groupe de “faiseurs” plutĂ´t satisfaits de leur petite usine (je sais que c’est pas bien de penser ça… mais n’est-ce pas un peu plus proche de la rĂ©alitĂ© masso-kinĂ©sithĂ©rapique ?):

LES FORCATS
Envoyé par Parrhasius le 05 Dec 2008 à 12:34

La population médicale de ville se distingue en trois groupes :

Le premier se compose des Léviathans de la médecine :
Ce sont des praticiens qui se gorgent avec plaisir des maladies, des maux de toute sorte présentés en offrande par leur patientèle. Ils croissent sur le malheur de l’autre comme ces fleurs sur le fumier. Ils n’ont jamais leur content de pourriture et de misère qui ternissent la vie de leurs consultants, elles les rassurent sur leur propre situation qui parait merveilleuse en comparaison. Ils sont faciles à reconnaître, ils arborent en permanence le sourire satisfait de ceux qui nagent dans la félicité, dans l’Ether , bien au dessus de la masse des damnés.

Le second , de loin le plus pléthorique, offre le triste spectacle des Médecins Hamsters :
Tels les petits animaux pédalant dans leur cage et ne s’arrêtant qu’une fois morts d’épuisement, les médecins hamsters travaillent du matin au soir, sans jamais se poser une seule question sur leur pratique ou sur leur existence, ils se devinent, de manière confuse, exploités et suspectent leur situation personnelle et professionnelle de n’être pas tout à fait à hauteur de leurs espérances , mais qu’importe.. ne s’attardant pas trop sur cette idée,on les aperçoit au loin déjà , courant derrière leur prochaine visite. Ils ne s’arrêtent généralement qu’une fois morts ou tellement usés que c’est tout comme.
C’est sur le médecin Hamster que comptent les pouvoirs publics car comme le bœuf ployant sous le joug, il est, dans son abrutissement, aréactif à toutes les mesures prises à son encontre.

Le troisième groupe, auquel j’appartiens sans aucun doute, a mené une réflexion sur ce métier et en a conclu à son caractère quasi impossible en l’espèce. Les missions de plus en plus lourdes infligées par nos autorités, sans aucun moyen matériel mis en place, les demandes aberrantes de nos patients qui nous veulent à la fois leur père, leur mère, leur homme d’Eglise, leur assistante sociale et leur réparateur d’organes, d’une humeur à jamais étale, infaillibles, exécuteurs rapides des diverses demandes et toujours disponibles, font douter de la faisabilité de cette profession.
Le tout pour des honoraires au plus bas de l’échelle des praticiens.
Certains confrères en ont tiré les conclusions et dévissé leur plaque pour voguer vers des horizons différents, d’autres, j’en fais partie, dans lesquels la médecine s’est insinuée comme la tunique de Nessus, continuent en forçats.
Souffrance des soignants, sur inscription.

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