retour sur les “repères” mĂ©dicaux pour les actes en sĂ©rie de masso-kinĂ©sithĂ©rapie

Posted by kineblog on November 08, 2008

Fond de tiroirs

En relisant cette dĂ©pĂŞche d’APM, je rĂ©alise Ă  quel point cette petite phrase (et ce qui attend les MK) est inique:
” Ces “repères” s’appuieront sur un faisceau d’arguments qui ne seront pas que des arguments scientifiques parce qu’il y en a très très peu”, a-t-il ajoutĂ©, rappelant que le corpus scientifique Ă©tait “extrĂŞmement faible” sur la kinĂ©sithĂ©rapie.”
(… et donc probablement aussi “sur la physiotherapy” ?… dĂ©cidement que de bel argent tout jetĂ© par les fenĂŞtres pendant des dĂ©cennies et sur les 5 continents!)

Le curieux lira donc très posément:
La mise en oeuvre de rĂ©fĂ©rentiels pourrait inflĂ©chir de 50 millions d’euros par an le tendanciel des dĂ©penses de kinĂ©sithĂ©rapie
(car la qualitĂ© ça coĂ»te moins cher… c’est un fait indĂ©niable!)

PARIS, 23 octobre 2008 (APM) - La mise en oeuvre de rĂ©fĂ©rentiels mĂ©dicaux pour les actes en sĂ©rie pourrait inflĂ©chir de 50 millions d’euros par an la croissance tendancielle des dĂ©penses des soins de kinĂ©sithĂ©rapie, a indiquĂ© jeudi le directeur gĂ©nĂ©ral de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariĂ©s (CNAMTS), FrĂ©dĂ©ric van Roekeghem, lors d’un point presse. Le directeur de la CNAMTS a commentĂ© les dispositions proposĂ©es dans le projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale (PLFSS) pour 2009 visant Ă  soumettre Ă  un accord prĂ©alable du service mĂ©dical de l’assurance maladie certains actes effectuĂ©s en sĂ©rie, en fonction de rĂ©fĂ©rentiels mĂ©dicaux validĂ©s par la Haute autoritĂ© de santĂ© (HAS) (cf dĂ©pĂŞche APM VGLJ1002). Il a justifiĂ© la volontĂ© du gouvernement d’harmoniser les pratiques de rĂ©Ă©ducation des masseurs-kinĂ©sithĂ©rapeutes, en pointant l’ampleur des disparitĂ©s gĂ©ographiques existantes pour la rĂ©Ă©ducation d’une mĂŞme pathologie ou Ă  traitement similaire. La mise en oeuvre de ces rĂ©fĂ©rentiels mĂ©dicaux, mĂŞme si ce n’est pas l’objectif, a-t-il assurĂ©, pourrait diminuer de 50 millions d’euros la tendance actuelle de croissance de la masse des honoraires des masseurs-kinĂ©sithĂ©rapeutes (+5,5% par an en moyenne depuis 1995), qui s’Ă©tablit Ă  200 millions d’euros par an Ă  fin 2007, pour un total de 3,5 milliards d’euros. Jean-Marc Aubert, directeur dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la gestion et Ă  l’organisation des soins, a prĂ©sentĂ© des Ă©lĂ©ments d’une enquĂŞte de la CNAMTS montrant des Ă©carts importants en termes de rĂ©Ă©ducation postopĂ©ratoire pour quatre interventions effectuĂ©es sur des populations de malades homogènes. Selon cette analyse figurant dans un dossier remis lors du point presse, pour la rĂ©Ă©ducation après la pose d’une prothèse de hanche, le nombre de sĂ©ances varie fortement (de 1 Ă  près de 90), avec une moyenne de 22 sĂ©ances, 50% des patients en ayant plus et 10% dĂ©passant les 40 sĂ©ances. Pour la rĂ©Ă©ducation après opĂ©ration du canal carpien, la moyenne nationale s’Ă©tablit Ă  13 sĂ©ances mais 40% des patients en ont plus. La CNAMTS pointe l’influence de la densitĂ© mĂ©dicale et de l’offre de soins sur ces pratiques et note par exemple que pour la rĂ©Ă©ducation après pose de prothèse de hanche, le nombre de sĂ©ances varie de 11 en Indre-et-Loire ou en Loir-et-Cher Ă  plus de 30 dans le pourtour mĂ©diterranĂ©en. Jean-Marc Aubert a ainsi observĂ© que les nombres de sĂ©ances les plus Ă©levĂ©s Ă©taient constatĂ©s dans les dĂ©partements ayant une forte densitĂ© de professionnels, tout en soulignant que cette densitĂ© ne pouvait pas seule expliquer l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© du nombre de sĂ©ances observĂ©e au niveau national. FrĂ©dĂ©ric van Roekeghem a Ă©voquĂ© la subsistance d’usages locaux liĂ©s Ă  des habitudes de prescription et plaidĂ© par ailleurs pour un meilleur pilotage de la dĂ©mographie des professionnels pour adapter l’offre aux besoins de soins. “Face Ă  une telle hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ©, nous pouvons donner des repères (…) via la Haute autoritĂ© de santĂ©, tout en sachant que le professionnel pourra s’Ă©loigner des repères, faudra-t-il qu’il puisse le justifier”, a expliquĂ© le mĂ©decin-conseil national de la CNAMTS, Hubert Allemand, au sujet des rĂ©fĂ©rentiels. Ces “repères” s’appuieront sur “un faisceau d’arguments qui ne seront pas que des arguments scientifiques parce qu’il y en a très très peu”, a-t-il ajoutĂ©, rappelant que le corpus scientifique Ă©tait “extrĂŞmement faible” sur la kinĂ©sithĂ©rapie. Il a toutefois assurĂ© qu’il ne s’agirait pas de “brider” les professionnels. La mise en oeuvre des rĂ©fĂ©rentiels sera progressive, a prĂ©cisĂ© Jean-Marc Aubert, ajoutant que les pathologies visĂ©es n’Ă©taient pas encore dĂ©terminĂ©es. Les premiers rĂ©fĂ©rentiels pourraient ĂŞtre diffusĂ©s dans le courant du second semestre 2009. vg/ld/APM polsan redaction@apmnews.com VGLJN002 23/10/2008 17:49 ACTU

Ă€ noter que cette problĂ©matique de la faiblesse du corpus scientifique pour la masso-kinĂ©sithĂ©rapie se pose aussi en mĂ©decine gĂ©nĂ©rale; lire l’intĂ©ressant article publiĂ© sur carnet de santĂ©:

Recherche en médecine générale : principes et réalités
août 2008, par serge cannasse

Pourquoi s’intéresser à la recherche en médecine générale ? Professeur d’économie à l’ESSEC et directeur de recherche à l’INSERM, Gérard de Pouvourville en a donné une raison simple dans le rapport qu’il a remis en mai 2006 sur ce sujet : la médecine générale offre « un vaste domaine de soins (…) qui ne bénéficie pas ou peu d’investigations scientifiques rigoureuses », alors que l’on demande aux praticiens de mettre en œuvre une médecine fondée sur les preuves.

Il ajoute que pourtant, ces investigations sont considérées comme essentielles pour l’exercice des autres spécialités. Effectuées essentiellement à l’hôpital, elles sont transférées avec plus ou moins de bonheur dans les cabinets spécialisés de ville. Or on ne peut pas imaginer une recherche en médecine générale effectuée à l’hôpital ! tout simplement parce que « la patientèle a des caractéristiques et des problèmes de santé spécifiques. »

> « Les enseignants généralistes ne sont pas en règle générale titulaires d’une thèse de sciences et d’un diplôme d’habilitation à diriger des recherches. »
> Notons au passage que la recherche française est assez isolée sur le plan international, notamment du fait que la plupart des médecins ne maîtrisent pas l’anglais.
> Au total, la production est « dispersée, ne reposant pas sur une stratégie régulière de production de recherche. » Elle reste « modeste, surtout domestique, et elle est le fait d’un petit nombre d’auteurs. » L’absence « d’environnement favorable » (en particulier, financier) et le manque de formation des généralistes enseignants à la recherche expliquent en grande partie ce constat.

> lire la suite sur Carnet de santé

Ci-dessous vous trouverez une sĂ©lection de billets (publiĂ©s sur kineblog.net) en lien avec la dĂ©pĂŞche d’APM; je vous conseille vivement de commencer par la lecture du Dialogue socratique sur l’EBM pour ensuite joyeusement cliquer, au grĂ© de votre fantaisie, sur les titres qui vous plaisent.
(noter que le post du bas est le plus ancien, février 2006)

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