Ă©ducation thĂ©rapeutique: un double effet, Ă©thique et mĂ©dical…

Posted by kineblog on October 06, 2008

“L’éducation thĂ©rapeutique n’est pas un nouveau mĂ©tier. Ainsi, l’amĂ©lioration continue des pratiques implique simplement une formation mieux adaptĂ©e des soignants.”

Discours de Madame Roselyne Bachelot-Narquin lors de la remise du rapport « Mission Éducation thérapeutique du Patient »
2 septembre 2008

Mesdames les ministres,

Monsieur le ministre,

Messieurs les professeurs,

Mesdames et messieurs,

Replacer le patient au cœur du système de soins : telle est, aujourd’hui, la finalité de notre politique de santé, tel est l’objectif ultime de toutes nos réformes.

Le patient, désormais, en dépit de l’étymologie impliquant la passivité du malade, objet d’un traitement, devient un patient actif.

L’éducation thérapeutique comporte ainsi un double effet : éthique et médical.

Elle permet, en effet, d’une part, d’augmenter la maîtrise du patient sur lui-même, patient qui ne vit plus son traitement comme un assujettissement, patient resitué au centre du système de santé, et d’autre part, de diminuer très sensiblement le risque de complications et d’aggravation de la maladie.

En permettant aux malades de gagner en autonomie, par l’appropriation de compétences permettant d’améliorer leur qualité de vie, l’éducation thérapeutique participe de cet objectif cardinal d’une politique de prévention ambitieuse et innovante.

*

Je remercie très chaleureusement les membres de la mission que j’ai confiée à Christian Saout, président du collectif inter associatif sur la santé (CISS) ainsi qu’aux professeurs Dominique Bertrand et Bernard Charbonnel.

J’adhère pleinement aux grands axes du rapport remarquable que vous m’avez remis, aboutissement d’un travail de fond sans précédent.

Je remercie également, pour leur précieuse contribution, les membres de la mission d’appui et les membres du comité d’orientation de la mission.

Cependant, l’éducation thérapeutique n’est pas un territoire inexploré.

Aussi, je me dois ici de saluer les initiatives conjuguées visant à apporter les réponses adaptées aux besoins des patients souffrant de maladies chroniques.

Toutes ces initiatives, celles des équipes hospitalières, des réseaux ville-hôpital, sans oublier celles des équipes d’hospitalisation à domicile, celles des associations de patients, mais aussi celles des organismes sociaux, notamment celles de la mutuelle sociale agricole, de la CNAM, pour ne citer qu’eux, sont le ferment d’un mouvement qu’il convient de structurer et de prolonger.

Le temps est venu d’instituer un cadre qui favorise le développement et l’évaluation de ces initiatives.

Il s’agit ici d’ouvrir à ceux qui le souhaitent la possibilité de mieux prendre en main leur santé, la possibilité d’être impliqué davantage dans l’amélioration de la qualité des soins.

Il s’agit d’ouvrir une possibilité, non d’imposer une obligation.

Je partage pleinement vos recommandations en ce domaine.

L’éducation thérapeutique n’est pas un nouveau métier. Ainsi, l’amélioration continue des pratiques implique simplement une formation mieux adaptée des soignants.

Tout comme vous, je ne pense pas que l’éducation thérapeutique que nous voulons promouvoir doive se construire sur une remise en cause de tout ce qui a été fait.

Les initiatives doivent être valorisées, structurées, obéir à un cahier des charges précis, être évaluées en fonction de leur pertinence et de leur efficacité.

A cet effet, ce sont les ARS qui seront à la manœuvre. Je partage, sur ce point, totalement vos recommandations.

Enfin, vous avez raison de souligner que ces nouveaux besoins exigent l’adaptation de nos outils tarifaires. Ces outils doivent tenir compte des résultats et s’appuyer sur de nouveaux modes de rémunération. Par exemple, il me semble que le paiement à l’acte ne sera pas toujours adapté à nos objectifs, compte tenu de la nécessité d’effectuer un travail de suivi dans la durée, du caractère pluridisciplinaire des missions d’éducation thérapeutique, et de l’institution d’un nouveau mode de relation entre soignants et patients.

*

L’éducation thérapeutique a le mérite immense de donner consistance au principe de solidarité qui unit soignants et soignés.

Le moment du diagnostic éducatif est, à cet égard, un moment décisif, instituant une compréhension mutuelle, fondant une confiance favorable au soin.

La démobilisation et le découragement induits par la chronicité de la maladie se trouvent ainsi contrariés par le constant souci d’accompagner le patient au long cours.

En rappelant ainsi cette exigence d’accompagnement, accompagnement que les associations de patients ont su mettre en œuvre pour permettre aux malades d’assumer leur maladie, l’éducation thérapeutique contribue efficacement à la bonne observance de traitements mieux gérés et mieux compris.

*

Améliorer la qualité des soins, en permettant à chacun de mieux exploiter au long cours son potentiel de santé, donner un contenu effectif aux droits des malades, instituer ainsi le principe de santé durable : telle est la voie ouverte par la promotion inédite dans notre pays de l’éducation thérapeutique.

C’est une réponse à tous ceux qui n’ont qu’une approche comptable de la pathologie chronique.

Votre rapport fera date. Nous saurons, pour les patients, tirer les fruits de ce travail.

Ainsi, je souhaite que l’éducation thérapeutique puisse faire l’objet d’un article spécifique dans le projet de loi « patients, santé et territoires » que je défendrai bientôt devant le Parlement.

L’inscription dans un texte législatif du concept d’éducation thérapeutique est une première.

Il s’agit pour les patients d’une avancée considérable.

Je vous remercie.

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  1. chevalier Sun, 26 Oct 2008 13:34:51 CET

    Mouvement « ensemble pour une santé solidaire »

    Communiqué de presse

    Christian Saout : porte-parole des malades ou de Roselyne Bachelot ?

    Au-delà d’une logique chronologique qui nous échappe : le PLFSS (les moyens) sera discuté avant la loi HPST (la fin) mais qui traduit fidèlement la philosophie gouvernementale de l’argent-souverain… c’est avec stupéfaction que nous avons assisté au numéro inédit de duettistes entre la Ministre de la Santé, et le Président du CISS à l’occasion de la présentation de la loi Hôpital, Patients, santé et Territoires.

    Que Roselyne Bachelot nous assure, avec son bon sourire, que les fermetures d’hôpitaux, les franchises, les déremboursements, « c’est pour mieux te soigner, mon enfant » c’est prévisible.

    Il ne manquerait plus qu’elle nous dise la vérité, que ce projet, vaste fourre-tout qui mêle déclarations de « bonnes » intentions, vraies bonnes idées, fausses bonnes idées, et vraies propositions scandaleuses et dangereuses, va créer une pénurie médicale, que son objectif n’est pas de nous soigner mieux mais de nous jeter dans les bras de l’assurance privée, des cliniques, de nous faire payer beaucoup plus pour nous soigner beaucoup moins !

    Mais que celui qui se prétend représentant des malades, des usagers, se prête à cette mascarade, nous ne pouvons ni le comprendre, ni l’accepter.

    Les propos, et La présence auprès de la ministre lors de la présentation du projet HPST, posture inédite pour le président d’un collectif « indépendant » et « apolitique », ont déclenché la colère de ceux qu’il prétend représenter !

    M. Saout est-il porte-parole des malades ou de Roselyne Bachelot ?

    M. Saout est-il simplement naïf, ou bien complice ? Si c’est le cas, il faudra en chercher les raisons…

    Une chose est sûre en tout cas : la caution de Christian Saout à ce projet indigne, dangereux, moralement inacceptable, n’engage que lui-même.

    Nous, association de malades, d’usagers, de professionnels, de responsables et représentants politiques, syndicaux, associatifs, de citoyens, disons non à ce projet, non à cette politique eugéniste qui conditionne le droit à la santé à la capacité de chacun (financière, géographique, culturelle) d’y avoir accès.

    Nous alertons sur le danger qui guette notre société : soigner les malades « rentables » cela veut dire que non seulement les plus pauvres, mais aussi les plus malades, ne seront plus soignés demain car ils « coûtent trop cher ».

    C’est ce qu’on appelle un crime contre l’humanité, non ?

    Pour le Mouvement Ensemble pour une Santé Solidaire
    http://ensemblepourunesantesolidaire.fr
    Bruno-Pascal CHEVALIER - 06 89 18 01 77
    CĂ©cile MOUTTE - 06 10 73 83 99