Dérives thérapeutiques, du phénomène de mode aux sectes

Posted by kineblog on April 25, 2008

Fond de tiroirs

Lu sur le site du CNOM:
“Lorsqu’on aborde la question des « médecines non conventionnelles », il n’est pas toujours facile de savoir quelles pratiques, quels thérapeutes et quels risques sont en cause. Parle-t-on de dérives sectaires, de dérives thérapeutiques, de pratique illégale de la médecine? Le débat est ouvert…”

S’il n’y a, a priori, pas de dangers avérés à suivre les conseils d’un médecin qui prône, à titre préventif, un régime anticancer à base de légumes, de fruits et de produits riches en oméga 3, il y en a - et de sérieux  ! - à suivre les conseils de gourous qui promettent à leurs adeptes de les guérir de leur leucémie par un travail psychologique, ou encore de ne jamais tomber malades s’ils se nourrissent uniquement d’air et de lumière  ! Entre le fait de prescrire quelques granules homéopathiques à un patient pressé d’en finir avec sa rhinite et celui de proposer à des malades atteints d’une sclérose en plaques une « déprogrammation biologique » de leur mal par le truchement d’une simple consultation téléphonique, le champ des pratiques est sidéral  ! S’y engouffrent toutes sortes de techniques, les unes séculaires ou exotiques, les autres aussi nouvelles que farfelues. Leur seul point commun : elles rejettent le principe de base de la médecine moderne, qui repose sur des données scientiquement éprouvées.

De la santé au bien-être
Pourtant, l’attrait pour ces pratiques médicales non éprouvées est un vrai phénomène de mode. À la Direction générale de la santé, on estime qu’entre 30 et 50 % de la population font régulièrement appel à ces méthodes. Pour le plus grand nombre, il est vrai, en complément, et non pas comme une alternative pure et dure à la médecine officielle. Ancien conseiller national de l’Ordre des Médecins, en charge de ce dossier depuis 1995, le Dr Daniel Grunwald, en observateur aguerri, analyse les origines de ce phénomène de société : « La notion de santé a beaucoup évolué au cours de ces dernières années, explique-t-il. En effet, selon la définition de l’OMS, la santé n’est plus seulement l’absence de maladie - nécessitant soins et prévention  ; elle renvoie à “un état de total bien-être physique, social et mental de la personne”. Or, tout ce qui ne relève pas de la simple absence de maladie ou d’infirmité échappe pour une très large part aux professionnels de santé et aux structures officielles. C’est dans cette zone-là que l’on trouve la plupart des activités «  médicales  » déviantes, pratiquées le plus souvent par des thérapeutes autoproclamés ou arguant de diplômes non validés, voire confidentiels. »
Tout naturellement, l’émergence de cette nouvelle demande a fait fleurir pléthore de «  techniques  » censées apporter santé et bien-être  ! Au cours de ces vingt dernières années, leur nombre a explosé. Catherine Picard, présidente de l’Unadfi (Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes), en a répertorié deux cent quatre-vingt  ! Toujours est-il que généralistes et spécialistes sont de plus en plus sollicités, à travers la presse médicale, par des publicités pour des stages et des formations prometteurs.

lire la suite sur le site du CNOM
ou télécharger le dossier complet, 5 pages au format pdf.
bulletin de l’Ordre des médecins, avril 2008

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