des racines du mal

Posted by kineblog on April 02, 2008

ostéopathie

Exhumé, ce compte rendu (2003) de l’audition des MK par l’ONDPS faisant suite à la parution du décret de 2002 concernant le droit des malades, notamment celui d’accéder aux thérapies alternatives, qui allait faire le lit de l’explosion de l’offre de formation en ostéopathie et celui de l’illégalisme lucratif pour cinq ans… de plus.

Morceaux choisis:

3.2 Les évolutions de la pratique professionnelle et les risques du développement de professions non réglementées

Dans leur exercice, les professionnels considèrent que la démarche de rééducation va prendre une place croissante. Elle évolue de plus en plus vers une prise en charge complète de la personne, dans un contexte d’hyper spécialisation médicale. La rééducation elle-même dépasse de ce fait le cadre des actes techniques dispensés.

Le problème est que la demande est tellement forte dans ce domaine qu’un nombre croissant de professions non réglementées vont probablement développer leur intervention dans ce champ.

L’une des difficultés actuelles majeures de la profession est liée aux effets qu’auront à terme la reconnaissance de l’ostéopathie par la loi du 4 mars 2002. En effet, si cette loi ne reconnaît pas explicitement cette profession, les représentants des masseurs kinésithérapeutes considèrent qu’elle lui accorde tous les attributs d’une profession, à savoir une formation, un accès et un exercice. Il y aurait environ 10 000 ostéopathes aujourd’hui en France. La formation d’ostéopathe est nettement moins exigeante que la formation de kinésithérapeute. Dans la pratique, 80 % environ des ostéopathes sont des kinésithérapeutes qui ont suivi une formation complémentaire sous forme de formation continue. Beaucoup pratiquent la kinésithérapie, mais de façon totalement libre sans ordonnance.

Il existe aujourd’hui un risque important qu’un certain nombre de kinésithérapeutes se détournent de leur profession, et particulier de l’exercice salarié en milieu hospitalier, et privilégient un exercice totalement indépendant de l’ostéopathie, qui ne se ferait même plus sur prescription médicale et qui s’exercerait en dehors de toute convention avec l’assurance maladie. Cela risque donc à terme de peser fortement sur les effectifs de kinésithérapeutes.

Dans ce contexte, la profession ne peut envisager sereinement la question des transferts de compétence. Ceux-ci risquent en effet de s’opérer de façon non contrôlée, des kinésithérapeutes en nombre croissant risquant de faire le choix de devenir ostéopathes, sans encadrement. Parallèlement, la profession ne voit pas quelle profession médicale serait elle-même susceptible de lui déléguer des compétences, sachant que les rhumatologues et les médecins physiques ne semblent pas prêts à évoluer dans le sens d’un transfert de compétence.

Quand au transfert de compétence: les MK ont maintenant la possibilité de prescrire des embouts de cannes… non-remboursables.

Lire le compte rendu complet: Audition des masseurs-kinésithérapeutes par l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS), 2003.

Nuances: la démographie évoquée est probablement fausse (cf ce rapport de la DREES, Projections du nombre de masseurs-kinésithérapeutes en activité en France à l’horizon 2020, Sources, méthode, principaux résultats, de Serge DARRINÉ, septembre 2003) et sera certainement révisée (grâce à la tenue du tableau de l’Ordre des MK) dans le sens d’une minoration des effectifs… ce qui accroît la pertinence des choix institutionnels concernant le dossier ostéopathique.

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Comments

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  1. raph Wed, 02 Apr 2008 19:01:06 CEST

    instructif

  2. pierre Trudelle Wed, 02 Apr 2008 22:42:57 CEST

    et prémonitoire

  3. mateo Sat, 12 Apr 2008 11:35:41 CEST

    Quand je lis “La formation d’ostéopathe est nettement moins exigeante que la formation de kinésithérapeute”, cela me fais doucement rire… On doit pas parler des mêmes formations ! kiné 3 ans , ostéo exclusive 6 ans.

  4. raph Mon, 14 Apr 2008 15:54:38 CEST

    Les années ne font pas des sages, elles ne font que des vieillards.
    [Anne Sophie Swetchine]

  5. mateo Mon, 14 Apr 2008 17:03:10 CEST

    Hors contexte, 6 ans sont une base, et au delà de la quantité, la qualité est encore plus importante.

  6. raph Mon, 14 Apr 2008 18:42:15 CEST

    ce n’était pas le premier argument, copie à revoir….

  7. raph Mon, 14 Apr 2008 18:50:16 CEST
  8. mateo Tue, 15 Apr 2008 07:43:45 CEST

    Tout cela n’est que paroles, la meilleure des réponses et des vérités vient des résultats chez les patients.

  9. raph Tue, 15 Apr 2008 08:56:49 CEST

    un point de convergence, c’est bien…

    “mateo Sat, 12 Apr 2008 11:35:41 CEST
    Quand je lis “La formation d’ostéopathe est nettement moins exigeante que la formation de kinésithérapeute”, cela me fais doucement rire… On doit pas parler des mêmes formations ! kiné 3 ans , ostéo exclusive 6 ans. ” c’est aussi des palabres…comme vos patients sont contents de vous, nul besoin d’autres paroles.
    Amicalement

  10. mateo Tue, 15 Apr 2008 13:04:39 CEST

    Nous avons “convergé” ! Amicalement

  11. pierre Trudelle Wed, 16 Apr 2008 09:01:07 CEST

    Le seul problème c’est que les patients “contents” n’est pas un critère de qualité de prise en charge.
    Les patients ne connaissent pas les “meilleurs soins disponibles” comment pourraient-ils juger que c’est bien ?
    Cette idée de “les patients sont contents et guéris” est un dogme qui rassure le praticien et le fige dans son esprit critique.
    Il y a 40 ans les patients étaient aussi contents des soins pratiqués et pourtant cela devrait faire doucement rire les praticiens actuels.
    Montrez-moi un thérapeute qui reçoit des patients contre leurs volontés.

  12. raph Wed, 16 Apr 2008 09:14:35 CEST

    +1

  13. admin Wed, 16 Apr 2008 09:24:04 CEST

    … et le problème réside maintenant dans le sentiment que possède le patient sur la qualité (subjective) de sa prise en charge!
    Ce facteur “placebo” fait le succès des thérapies alternatives… il est sans doute lié au temps de contact avec le praticien et à son statut (supposé).
    Il me semble évident que le patient en difficilement en mesure de juger de la qualité de son traitement… sinon que pour les “pets de travers” transitoires, principal champ d’application de l’ostéopathie et autres “thérapies” (acupuncture, homéopathie…) complémentaires.
    L’éducation à la santé et l’éducation thérapeutique sont des voies à explorer pour réduire cet obscurantisme et la potentielle perte de chance que cette ignorance constitue (quand bien même l’efficacité du “placebo” se fonderai sur cette méconnaissance).

  14. mateo Wed, 16 Apr 2008 13:45:20 CEST

    Tout cela ne se résume pas à des patients “contents”, je vous parlais de résultats, vous savez la douleur, chose que vous évaluez avec des échelles… Merci Mr l’admin pour votre intervention, vous irez dire aux patients que vous connaissez mieux leur douleurs qu’eux… si je vous résume , les patients ne sont pas à même d’évaluer leur propre douleur…du haut niveau pour un soi disant praticien de santé. Et pour ce qui est ” des pets de travers” demandez bien à vos confréres pourquoi ils se tournent vers l’ostéopathie et ne continuent pas tout simplement leur kiné dans leur coin..

  15. pierre Trudelle Thu, 17 Apr 2008 12:47:03 CEST

    Vous ne pouvez pas juger des résultats d’UN traitement sur UN patient. Il est possible de mettre en évidence l’efficacité des traitements en menant des études sur des populations importantes comparées à un autre traitement. Je vous invite à lire un petit cours sur le sujet sur le site de PEDro (http://www.pedro.fhs.usyd.edu.au/french/tutorial_french.html).
    Lorsque l’on soigne UN patient on utilise le modèle hypothético-déductif. Vous observez quelques choses et vous déduisez une cause possible des problèmes. Vous mettez en place un traitement sur cette cause (hypothèse).
    - si vous n’obtenez pas de résultats, c’est que votre hypothèse est fausse ou que votre traitement n’a pas ciblé la cause (hypothèse) correctement;
    - si vous obtenez un résultat, vous ne pouvez pas déduire que votre traitement soignait la bonne cause. C’est possible mais ce n’est pas certains car d’autres facteurs ont pu intervenir.
    Ce modèle de raisonnement clinique doit être compris (et avec la CIF cela devrait permettre au kiné de comprendre qu’il n’y a pas une cause mais de grandes quantités de causes, cf article de Jones et Edwards de Kinésithérapie, la revue de novembre 2007 en accès gratuit…).
    SI vous voyez des chaussures sous un rideau vous pouvez déduire qu’il y a quelqu’un derrière le rideau. Si vous trouvez quelqu’un derrière le rideau cela ne veut pas dire que lorsqu’il y a des chaussures il y a automatiquement quelqu’un. Donc si vous avez un résultat sur UN patient vous ne savez jamais si c’était vous (c’est possible) ou autre chose…Les pays avancés en thérapie manuelle ou kinésithérapie connaissent tout ça et doivent bien rigoler en lisant notre façon de voir notre efficacité thérapeutique. J’ai essayé d’être pédagogique pour vous aider pas pour vous convaincre, car les croyances sont durs à faire changer avec un seul post…

  16. mateo Fri, 18 Apr 2008 08:34:03 CEST

    Merci pour votre contribution. Nous sommes d’accord sur pas mal de choses, mais chacun utilise ces mots. En ostéopathie recherche de la ou des causes, un patient, un traitement, un résultat que le patient évalue, c’est aussi simple que ça.

  17. JLE Sat, 26 Apr 2008 23:07:51 CEST

    Vous voulez dire qu’il suffit de ne pas trop réfléchir pour que celà “marche” ? qu’il suffit que patient et praticien soient convaincus de l’utilité de leurs démarches respectives pour être satisfaits ? Pas faux.

  18. jmougel Sun, 27 Apr 2008 18:44:09 CEST
  19. kineblog Mon, 28 Apr 2008 11:57:54 CEST

    salut jmougel, ostéopathie-france fait partie de la douzaine de sites que je consulte quotidiennement, mais c’est aimable de ta part de me signaler cet article… que je n’ai pas repris pour l’instant car j’ai des billets sur ce sujet précis de l’interaction patient-praticien que j’aimerai intégrer dans un même article… (ou pas).
    Kineblog n’est pas à proprement parler un site de news, mais mon carnet de note, une sorte de pense-bête.
    Je partage mes lectures, parfois mon opinion, mais c’est tout pour l’instant… il est certain que si je disposais d’autres revenus que ceux issus de mon exercice libéral de la masso-kinésithérapie j’en ferai autre chose de plus exhaustif et structuré.

  20. jmougel Mon, 28 Apr 2008 19:59:28 CEST

    Je trouvais cet article fort à propos pour faire suite aux quelques échanges ci dessus et comme c’est la première fois que je lis une approche constructive sur les explications des effets de l’ostéopathie; et ben je le diffuse tant que je peux!!!
    A plus!

  21. jmougel Mon, 28 Apr 2008 20:01:31 CEST

    Mon rythme de vie actuel ne me permet pas de suivre le contenu complet de ton site, c’est te dire…
    Merci encore pour les articles tout de même.

  22. kineblog Mon, 28 Apr 2008 21:17:31 CEST

    Merci de me lire, et ton souhait est exaucé… tu remarquera qu’à mon sens la kinésithérapie fait l’économie du curabo, au prix de beaucoup d’effort.

  23. pierre Trudelle Sun, 04 May 2008 08:26:49 CEST

    Le diagnostic kiné n’est pas le cluedo. A la fin du traitement le patient ne vient pas vous dire: “vous aviez raison c’était bien le Colonel Moutarde avec le poignard dans la cuisine”.
    Si le policier et la victime sont contents, ils peuvent se tromper aussi.

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