L’Equipe: “l’ostéopathie, c’est mieux que le dopage” !

Posted by kineblog on January 04, 2007

ostéopathie

Lu dans l’édition du 01/01/07 du journal de L’Equipe.

Désopilant et triste, le fameux journal de la science sportive dénonce les projets de décrets concernant l’ostéopathie.
L’article (au format jpg): Les sportifs soutiennent l’ostéopathie

De nombreux athlètes s’engagent pour défendre une version ambitieuse de cette pratique thérapeutique.

Leur engagement se résumant à une liste publié sur le site osteopathieendanger, l’ambition reste modeste.

IL NE FAIT PLUS MYSTÈRE, depuis
longtemps déjà, que certains sportifs
de haut niveau entretiennent des relations
suivies avec un ostéopathe, praticien
de cette médecine, science, art et
philosophie, qui travaille manuellement sur
les parties du corps à moindre
mobilité (articulations, os du crâne,
membranes, ligaments et organes).

On note que le journaliste n’a pas tout compris puisqu’il résume l’ostéo à un travail sur les limitations d’amplitudes (les partisants de cette “philosophie” appréciront), on lui rappelle en passant que les os du crâne n’ont pas pour vocation d’être mobiles.

Après des années d’obscurantisme, où
certains athlètes étaient suivis de
manière souterraine par des ostéopathes
souvent masqués par leur fonction
de kinésithérapeutes

Le milieu sportif a décidément bien des difficultés avec la transparence, j’aime beaucoup l’image de l’ostéopathe déguisé en kinésithérapeute, qui démontre une fois de plus la très grande créativité du journalisme contemporain.
A noter que pendant ces années noires, l’exercice de l’ostéo par des non-médecins était purement et simplement illégal.
Les sportifs ont l’habitude.

Bernard Kouchner et l’article 75 de sa loi du
4 mars 2002, relative aux droits du
malade et à la qualité du système de
santé, a légalisé l’ostéopathie. Ce
texte a eu pour conséquence immédiate
de permettre à ceux qui la pratiquent
sérieusement d’en organiser la
formation et de contrôler de manière
rationnelle ceux qui s’en réclament.

Il serai plus juste de dire que ce décret (publié sans les nécessaires décrets d’applications), est à l’origine de l’explosion des offres de formations accessibles aux ni-ni, formations qui étaient jusqu’alors plutôt réservées aux seuls kinés et médecins.
Quand au sérieux et au contrôle, il s’est résumé à l’encaissement des chèques…

Près de 1 760 jours (au 31 décembre
2006) après la publication de ladite loi
au Journal officiel, les décrets d’application
n’ont cependant toujours pas
été publiés,mêmesi, il y a quatre jours,
le ministère de la Santé et des Solidarités
de Xavier Bertrand a fait savoir que
les textes avaient été transmis pour
avis au Conseil d’État et à la Haute
Autorité de santé.

Nombre d’ostéopathes,
rejoints par un cortège nourri
de champions, ne cachent pourtant
pas leur inquiétude sur le contenu de
ces décrets, qui pourraient aménager
vers le bas certains points cruciaux de
la loi et ont décrété la mobilisation
générale depuis plusieurs mois.
Ils craignent que ces décrets et arrêtés
remettent en cause le fondement
même de leur liberté de pratique mais
surtout leurs exigences en termes de
formation (six ans actuellement), cycle
long et ambitieux qui garantit une pratique
responsable de l’ostéopathie.

Là c’est guignol!
Ces six ans d’études, soi-disant nécessaires, ont été autoproclamé par les directeurs des écoles, sans aucun controle, ni du ministère de la santé (ce n’est pas une profession médicale), ni de celui de l’éducation.
La vérité est que les décrets d’applications attendus fixeraient enfin, après quatre ans de réflexion et de concertation, la durée des études à 2030 heures, et non pas 5000 comme préconisé par les onéreuses écoles privées.

Les athlètes ont activement participé,
via des pétitions argumentées, au soutien
de l’ostéopathie, qui, si les supputations
les plus pessimistes se vérifiaient,
pourrait évoluer vers le seul
suivi de l’appareil locomoteur, vision
pour le moins restrictive (au terme
d’une formation de trois ans seulement).
La liste des sportifs et entraîneurs
qui ont paraphé la pétition est
éloquente. Il s’est révélé judicieux de
privilégier parmi eux un couple
patient-thérapeute, qui nourrit sa collaboration
depuis six ans, et ce
d’autant plus que l’ostéopathe est luimême
ancien sportif de haut niveau.
Xavier Jan, ex-coureur cycliste, kinésithérapeute
de formation, a donc commencé
à soigner Thomas Coville, navigat
e u r de t a l ent , dans l e s
années 2000. À l’heure où le dopage,
voire la banalisation de la surmédicalisation
polluent la pratique sportive, la
dimension « écologie sanitaire » de
l’ostéopathie – qui n’induit aucune
consommation chimique – est donc
précieuse.

C’est la médiatisation et le fric qui ont conduit les sportifs à rechercher le petit plus qui ferai la différence pour monter sur les podiums.
Le sport de haut niveau est un bizness.
Signalons aussi que la kinésithérapie est une pratique non médicamenteuse qui, elle, accompagne les sportifs depuis 1946.

« C’est fondamental, souligne
l’ancien cycliste. Nous avons une
très haute idée éthique de notre pratique,
d’où la nécessité de faire le tri
dans les formations, de faire le
ménageparmi ceux qui la pratiquent. Il
est inconcevable de former des ostéopathes
en trois ans, comme le décret
relatif à la formation pourrait le décider,
ni même de laisser les médecins et
les kinés récupérer cette pratique
après un an de formation spécifique.

Trois ans c’est peu, mais pour les kinés aussi, dont les études sont particulièrement intenses… et sanctionnées, elles, par un Diplôme d’Etat.
Pour les MK ça fera donc une ostéopathie en quatre ans, plus un an de prépa assorti d’un concours difficile, donc cinq ans d’études pour devenir ostéopathe.

Certains veulent limiter nos champs
d’investigation alors que nous nous
battons pour l’exercice d’un vrai
métier de santé. Ce décret veut nous
interdire certaines manipulation, telles
que celles concernant la zone pelvienne…
C’est inacceptable. »
Coville :
« Quel gâchis… »
Tandis qu’Alain Bédouet, ostéopathe
depuis plus de vingt ans, souligne que
les risques de la pratique ostéopathique
sont très minimes – « Nos assurances
sont dérisoires et leurs tarifs
témoignent de cette réalité »

Chacun sait q’un placebo n’emporte que fort peu de risque.

les sportifs ont eux aussi ressenti le besoin
de refuser en masse ce risque d’ostéopathie
à trois vitesses qui se dessine :
l’une totalement libre pour les médecins,
la deuxième à peine entravée
pour les kinés, soumis à des cautions
médicales (prescription) pour toucher
les zones sensibles décrites ci-dessus,
et la troisième totalement vidée de sa
substance hollistique (globalisante)
« consentie » aux ostéopathes de profession
et de formation.

Holistique est un mot à la mode depuis la vague new-âge de la fin des années 80. Holistique n’est pas une preuve scientifique.

« Nous allons stopper les pétitions de sportifs de
haut niveau et les transmettre au
Conseil d’État, dit Alain Bédouet. Il est
temps de peser sur les décideurs politiques.»

Alors là, c’est un petit bilan numérique qui s’impose pour remettre les pendules à l’heure:
Très exactement 7061 sportifs de haut niveau sont recensés sur le moteur de recherche du site du Ministère de la Jeunesse et du Sport.

Une soixantaine, seulement, de sportifs soutiennent l’action d’ostéopathie en danger.

C’est donc moins d’1% des professionnels de haut niveau qui s’indignent du projet de décret, ça calme!

“SEUL 0,9% DES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU SOUTIENNENT LE COMBAT DES OSTEOPATHES NON-KINESITHERAPEUTES, NON MEDECINS”
Soyons certain que les politiques en tiendrons compte…

Écouter Thomas Coville évoquer sa
collaboration avec Xavier Jan est un
bonheur. C’est l’espoir même de voir
un jour les sportifs prendre conscience
que l’intégrité de leur corps relève de
leur responsabilité et non pas de celle
de ces gourous, heureusement très
minoritaires, qui les condamnent aux
affres du dopage.

Le sport de haut niveau est vulnérant, certains font le choix de sacrifier l’avenir de leur bonne santé pour esbaudire les masses et faire tomber la monnaie.
Certains se dopent, et c’est vilain pour leurs concurrents clean, mais avec un peu de malchance ils ne viendrons pas alourdir les comptes de la sécu.

Le marin : « Xavier Jan et moi avons
évolué ensemble. J’ai découvert au
travers de sa profession, et de la formation
qu’il a suivie pour passer de
kiné à ostéo, toute la complexité du
chaînage musculaire, du contexte
intestinal et des viscères plus généralement,
et, bien sûr, du paysage émotionnel.

Le mot est laché:”émotionnel”, effectivement la bonne santé dépend aussi du bon état psychologique…
Donc ce me semble important ici est de bien comprendre que les tarifs réglementés de la médecine conventionnelle permettent difficilement cette approche corps-esprit…
A 50-80€ la consultation les ostéopathes peuvent prendre tout leur temps.
Notons toutefois que certains kinés ou médecins consacrent aussi beaucoup de temps à leurs patients, mais ils le font, eux, au détriment de leur niveau de vie. Remercions-les.

Lorsque surviennent certaines
douleurs en mer, je peux moi-même,
seul, analyser ce qui se passe. Cette
faculté d’introspection, ce besoin de
mieux comprendre mon corps, je l’ai
travaillé avec lui. J’ai apprécié la
connaissance approfondie du patient
que cultive l’ostéopathe, et je me suis
retrouvé dans le besoin que j’ai de
mieux comprendre mon corps.

Au fond ce qui manque en France c’est une réelle éducation à la santé.
Je propose que chaque sportifs commence par passer un BNS.
La peur naît de l’ignorance.

Aujourd’hui, ce décret va couper cet
élan, alors que les ostéopathes sont
d’une humilité incroyable, et renvoient
leurs patients vers d’autres interlocuteurs
lorsqu’ils ne comprennent pas
l’équation qui leur est proposée. Quel
gâchis… »

Pourquoi pas consulter d’abord un médecin?
Une humilité des tarifs serait aussi souhaitable…

Rien n’est joué, d’autant plus que le
contexte politique – élections présidentielles
à venir – va peser. L’actuel
ministre de la Santé, qui se défend de
« vouloir tuer l’ostéopathie », prendra-
t-il le risque de froisser les quelque
20 millions de Français qui consultent
ces praticiens, voire de contrarier les
pointures du monde sportif qui se sont
publiquement déclarées pour la sauvegarde
de « leur ostéopathie » ?
DAMIEN RESSIOT

20 millions de français utilisateurs de l’ostéo, un tiers de la population?
En voilà un bel exemple dévoyé de l’économie cognitive que nous apporte la pratique de la preuve sociale.
De qui se moque-t-on?

20 millions de consultations, peut-être, mais nul ne peut en apporter la preuve… car les ostéos non-médecins ne délivrent pas de feuilles de maladie, donc pas moyen de savoir.

Il serait interressant de demander leurs chiffres aux mutuelles, qui dans un souci clientéliste, et pour ramasser des CSP++, remboursent l’osteo!
Il serait aussi convenable de publier les stats provenant d’une étude commandé auprès d’un institut de sondage de renom…
Mais las, cette étude n’existe pas!

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